La Première Guerre mondiale 1914–1918 : causes, déroulement et mémoire aujourd’hui
Quatre empires ont disparu, la carte de l’Europe a été redessinée et près de dix millions de soldats ne sont pas rentrés. Ce portail rassemble ce qui s’est passé, ce qui subsiste et où reposent aujourd’hui les morts de cette guerre.

Comment la guerre a commencé
La Première Guerre mondiale commence le 28 juillet 1914, avec la déclaration de guerre de l’Autriche-Hongrie à la Serbie. En une semaine, six grandes puissances sont en guerre : l’Allemagne déclare la guerre à la Russie le 1er août et à la France le 3 août, les troupes allemandes entrent en Belgique neutre le 4 août et la Grande-Bretagne entre en guerre le même jour.
Le déclencheur immédiat est l’attentat de Sarajevo du 28 juin 1914, au cours duquel l’héritier du trône d’Autriche-Hongrie est abattu. Les causes remontent plus loin : un système d’alliances qui transformait tout conflit local en affaire continentale, une course aux armements sans frein, la rivalité impériale et des plans de mobilisation conçus pour la vitesse, qui, une fois lancés, ne laissaient plus de marge politique.
Le front en France
Le nord-est de la France fut pendant quatre ans le théâtre principal du front occidental. Après la bataille de la Marne en septembre 1914, les armées s’enterrent ; le front se fige sur quelque 700 kilomètres de la mer du Nord à la frontière suisse et ne bougera pratiquement plus jusqu’en 1918.
Verdun, la Somme et le Chemin des Dames se trouvent sur le sol français. Une dizaine de départements furent occupés ; des villages entiers ne furent jamais reconstruits et subsistent aujourd’hui comme villages détruits, avec un statut communal mais sans habitants. La bataille de Verdun, de février à décembre 1916, coûta environ 700 000 tués, blessés et disparus des deux côtés réunis, pour une ligne de front qui se retrouva à peu près où elle avait commencé.
Les combats prennent fin le 11 novembre 1918 à 11 heures, avec l’armistice signé dans un wagon de chemin de fer en forêt de Compiègne.
Le bilan
Environ 70 millions de personnes furent mobilisées. Quelque 9 à 10 millions de soldats furent tués et près de 20 millions blessés, beaucoup durablement. À cela s’ajoutent les victimes civiles de l’occupation, des déplacements, de la faim et de la pandémie grippale de 1918.
Ce sont des ordres de grandeur et non des comptes exacts : les définitions varient et, pour plusieurs théâtres d’opérations, aucun registre fiable n’existe. La guerre a également fait disparaître quatre empires – allemand, austro-hongrois, russe et ottoman – d’où sont issus la Finlande, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la Tchécoslovaquie et le royaume des Serbes, Croates et Slovènes.
Où reposent les morts
La Première Guerre mondiale est le premier conflit dans lequel un simple soldat obtint le droit à une tombe individuelle, entretenue durablement et portant son nom. Auparavant, la troupe était enterrée en fosse commune et seuls les officiers recevaient un monument. C’est cette évolution qui explique l’existence même des nécropoles européennes.
Ce portail tient un registre de 5 193 sépultures de guerre dans 58 pays, depuis quelques tombes dans un cimetière communal jusqu’aux nécropoles de plusieurs dizaines de milliers de sépultures. Le registre est en allemand, mais il se cherche par nom de lieu et par pays et fonctionne de la même manière dans toutes les langues.
Il recense des sites, non des personnes. Les listes nominatives sont tenues par les services des sépultures de guerre compétents.
La mémoire
La mémoire de cette guerre diffère fortement d’un pays à l’autre, et ces différences suivent l’issue du conflit. En France, le 11 novembre est jour férié national et presque chaque commune possède son monument aux morts portant les noms des tués. Au Royaume-Uni et dans le Commonwealth, le coquelicot et les deux minutes de silence forment un rituel très codifié. À Ypres, le Last Post est sonné chaque soir depuis 1928.
L’Allemagne n’a ni jour de la victoire ni fête nationale issue de cette guerre. Elle a le Volkstrauertag, journée de deuil pour les victimes de la guerre et de la violence, célébrée deux dimanches avant l’Avent. La mémoire de la Seconde Guerre mondiale y recouvre en outre celle de la Première.
Depuis la disparition des derniers combattants vers 2010, il n’y a plus de témoins. La mémoire repose désormais entièrement sur ce qui a été écrit, photographié, bâti et enterré – et sur la décision d’aller y regarder.
Ce que contient ce portail
La section française couvre les sujets principaux : cette vue d’ensemble, la mémoire, les expositions, les événements, la formation et un répertoire de ressources en ligne. Le registre complet des sépultures de guerre, la liste consultable des nécropoles et les pages thématiques détaillées se trouvent dans la section allemande, nettement plus étendue.
Ce déséquilibre est hérité et non voulu : le fonds sur lequel ce portail est bâti a toujours été plus important en allemand. Là où une page française ne ferait que répéter ce que la page allemande dit plus longuement, le lien y renvoie directement.
Questions fréquentes
Quand la Première Guerre mondiale a-t-elle eu lieu ?
Du 28 juillet 1914, déclaration de guerre de l’Autriche-Hongrie à la Serbie, au 11 novembre 1918, entrée en vigueur de l’armistice sur le front occidental – soit 1 568 jours. Certains fronts se sont arrêtés plus tôt : la Russie quitte la guerre en mars 1918, la Bulgarie fin septembre, l’Empire ottoman fin octobre et l’Autriche-Hongrie le 3 novembre.
Quelles sont les causes de la guerre ?
Le déclencheur fut l’attentat de Sarajevo du 28 juin 1914. Les causes sont structurelles : deux blocs d’alliances opposés, une course aux armements navale et terrestre, la rivalité impériale, l’instabilité balkanique après les guerres de 1912–13 et des plans de mobilisation qui supprimaient toute marge politique une fois enclenchés. La question des responsabilités reste débattue.
Combien de personnes sont mortes ?
Environ 9 à 10 millions de soldats et un ordre de grandeur comparable de civils. Les chiffres varient fortement selon les définitions retenues – morts des suites de blessures, victimes de la grippe de 1918, de la famine sous blocus, des conflits successeurs jusqu’en 1923. Pour plusieurs théâtres, aucun registre fiable n’existe.
Comment trouver une sépulture de guerre ?
Non pas en partant du cimetière mais de la personne : établir l’unité, puis le secteur du front, puis le lieu d’inhumation probable. Les listes nominatives sont tenues par les services compétents ; pour les morts du Commonwealth, la Commonwealth War Graves Commission fait référence. Ce portail recense les sites eux-mêmes dans son registre allemand.
Sources
- Jörn Leonhard : La boîte de Pandore. Histoire de la Première Guerre mondiale. Belin, Paris 2023.
- 1914-1918-online. International Encyclopedia of the First World War.
- Mémoire des hommes, ministère des Armées.